Un an après l’inauguration de la gare de Mons : promesses tenues ou désillusions ? Navetteurs et commerçants dressent leur bilan
- Info Mons

- 19 déc. 2025
- 3 min de lecture

Le 18 décembre 2024 a marqué le premier anniversaire de la mise en service de la gare de Mons, un projet lancé il y a près de quinze ans. À l’époque, l’ampleur du chantier et son coût avaient suscité de nombreuses critiques. Aujourd’hui, l’infrastructure est pleinement intégrée au paysage urbain et attire autant la curiosité que les éloges. Nous avons rencontré plusieurs navetteurs, touristes et commerçants afin de connaître leur ressenti sur ces douze premiers mois.
Classée récemment parmi les sept gares finalistes du prix Versailles, l’édifice surnommé « la cathédrale » continue de nourrir les discussions.
Un nouveau dynamisme autour de la place Léopold
Autour de la gare, les commerçants constatent un changement net depuis son ouverture. À la brasserie Léopold, Bryan se réjouit de l’afflux de nouveaux clients, notamment de visiteurs venus de Flandre : « Après quinze ans, on est soulagés. L’endroit attire beaucoup, les touristes s’arrêtent ici et posent souvent des questions sur les coûts de la construction. Le soir, c’est splendide, les gens restent en terrasse juste pour admirer la gare. »
Même son de cloche au café « La Table ronde », où le propriétaire Pascal affirme que son chiffre d’affaires a connu une hausse importante : « Les travaux ont été un vrai parcours du combattant. Aujourd’hui, ça change tout. On accueille davantage de monde, surtout les week-ends d’événements comme Mons en lumières. »
Sylvia, du café Le Ducal, évoque pour sa part le retour des navetteurs du matin : « À l’ouverture, dès six heures, on voit clairement plus de passage qu’avant. » Hasan, de La Rondinella, souligne que l’opinion publique semble également avoir évolué : « Beaucoup critiquaient le bâtiment au départ, mais ce genre de commentaires se fait rare désormais. »
À l’intérieur de la gare
L’ambiance est toutefois plus contrastée pour certains commerçants installés à l’intérieur du bâtiment. Si plusieurs enseignes — comme Starbucks, Monop, Bon et Janka — ont rejoint la passerelle, quatre autres ont renoncé à s’y implanter. Dominique, de Relay, évoque des débuts difficiles : climatisation en panne, froid en hiver, difficultés logistiques… « Maintenant que tout fonctionne, la situation s’améliore. On accueille beaucoup plus de voyageurs et de touristes qu’à l’ancienne gare provisoire. »
Du côté de Starbucks, Émilie note un flux irrégulier : le démarrage a été très fort, puis plus calme hors période scolaire. Mais certains reproches reviennent fréquemment, notamment concernant les toilettes payantes et les escalators souvent hors service.
Les voyageurs partagés
Pour les habitués du rail, le sentiment dominant reste positif, malgré quelques frustrations : « Les toilettes sont chères et j’aimerais plus de commerces », confie Isabelle, qui utilise la gare de manière occasionnelle. Maurice salue la taille et la modernité du site, tandis que Mary juge l’offre commerciale suffisante pour un lieu de transit, tout en regrettant son relatif vide.
Beaucoup découvrent encore le lieu : Anne et Philippe, venus de France, décrivent une gare impressionnante et facilement accessible. Annelies, de Schaerbeek, se dit surprise par l’espace et l’accueil visuel du bâtiment.
D’autres restent plus réservés : Will, ancien cheminot, estime que l’investissement financier consacré au projet était excessif. René, de Boussu, pointe du doigt un manque d’infrastructures sécurisées pour les vélos et des tarifs plus élevés dans les commerces que dans le centre-ville.
Un dernier point revient souvent : la comparaison avec la gare de Liège-Guillemins, également dessinée par Santiago Calatrava. Beaucoup notent une ressemblance évidente ; certains, comme Pascal de « La Table ronde », glissent même un clin d’œil aux Liégeois : « La vôtre est plus grande, mais la nôtre est plus belle ! »


