top of page
Rechercher

Réforme du chômage à Mons : le CPAS se prépare à une vague sans précédent d’exclusions

  • Photo du rédacteur: Info Mons
    Info Mons
  • 24 déc. 2025
  • 3 min de lecture
La présidente du CPAS de Mons, Natacha Vandenberghe. – C.W.
La présidente du CPAS de Mons, Natacha Vandenberghe. – C.W.

À partir de janvier prochain, la réforme fédérale du chômage entrera en vigueur. À Mons, ses conséquences s’annoncent majeures : près de 3.000 personnes pourraient perdre leurs allocations en 2026. Face à ce bouleversement social, le CPAS anticipe une augmentation massive des demandes de revenu d’intégration. Sa présidente, Natacha Vandenberghe, appelle les personnes concernées à se manifester rapidement.

Lors de la présentation du budget communal 2026, la question des exclusions du chômage a largement dominé les débats. Selon les estimations du CPAS, le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) pourrait bondir de 50 % en quelques mois. Une situation inédite, à laquelle les équipes tentent de se préparer.


Comment se déroule la prise en charge d’une personne exclue du chômage ?

Lorsqu’une personne se présente au CPAS, elle est d’abord reçue par un assistant social. Celui-ci analyse l’ensemble de sa situation lors d’une enquête sociale : conditions de logement, ressources existantes, entourage, droits encore mobilisables.Le RIS n’intervient qu’en dernier recours, lorsque toutes les autres aides possibles ont été épuisées.


Vous insistez pour que les personnes concernées prennent contact le plus tôt possible. Pourquoi ?

Dès le mois de juin, nous avons lancé des groupes de travail internes pour anticiper cette réforme. Il était essentiel d’impliquer les équipes de terrain, car ce sont elles qui vont absorber l’essentiel de la charge.Un plan d’action a été élaboré, incluant le renforcement du personnel : environ 50 agents supplémentaires seront nécessaires pour faire face à l’afflux.

Dès les premiers jours de janvier, nous estimons que 500 personnes se présenteront au CPAS.


Mais les dossiers ne peuvent être ouverts qu’après l’exclusion officielle…

Effectivement, aucun dossier ne peut être traité avant l’exclusion formelle, prévue autour du 5 janvier. En revanche, nous avons mis en place une hotline afin de maintenir un contact humain avec les personnes inquiètes, les informer et les aider à rassembler les documents nécessaires.

À ce stade, nous avons déjà enregistré 169 demandes de rendez-vous pour la première semaine de janvier, sur environ 450 personnes attendues. J’insiste vraiment : il est crucial de prendre rendez-vous au 065/412.300. Cela nous permet d’étaler la charge de travail et d’éviter un engorgement des services.

Quelle est l’ampleur du phénomène à Mons ?

Sur l’ensemble de l’année 2026, nous estimons que 3.000 personnes seront exclues du chômage sur le territoire montois.Sur le premier semestre, environ 1.400 exclusions sont attendues. Ensuite, entre juillet et décembre, le rythme serait d’environ 184 nouvelles exclusions par mois.

Pour des personnes éloignées de l’emploi depuis parfois plus de vingt ans, un retour rapide sur le marché du travail sera extrêmement complexe.


Le CPAS peut-il réellement accompagner toutes ces personnes vers l’emploi ?

Notre priorité est d’abord de garantir des conditions de vie dignes : un logement, une stabilité minimale. Ensuite seulement, nous travaillons sur la réinsertion sociale, qui constitue une étape indispensable avant toute perspective d’emploi.

Cela passe par des actions très concrètes : reprendre des habitudes quotidiennes, apprendre ou réapprendre à rédiger un CV, à se présenter, à structurer un projet. Sans cette phase, toute mise à l’emploi est vouée à l’échec.


Qu’en est-il des moyens financiers ?

Initialement, le gouvernement fédéral avait annoncé une compensation intégrale pour les exclusions, ce qui signifiait un impact nul pour les CPAS.Mais nous avons récemment appris que les personnes exclues des allocations d’insertion ne seraient couvertes qu’à 70 %. Résultat : pour Mons, cela représente un million d’euros à charge du CPAS.


Les équipes sont-elles inquiètes face à cette échéance ?

Le fait d’avoir travaillé en amont avec le personnel a clairement permis d’apaiser les craintes. Les agents savent à quoi s’attendre et disposent d’un cadre structuré.Un autre enjeu important concerne la sécurité du personnel. Un marché a été conclu avec une société de gardiennage, dont la présence restera discrète. L’objectif est avant tout de rassurer les agents, pas de créer un climat de tension.

 
 
bottom of page