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Quaregnon : une aide-ménagère soupçonnée d’avoir détourné plus de 46.000 € à un couple âgé

  • Photo du rédacteur: Info Mons
    Info Mons
  • 22 déc. 2025
  • 3 min de lecture
Crispino, le frère de Toni, a déposé plainte. – G.M. / Illustration Jean-Marc Loos
Crispino, le frère de Toni, a déposé plainte. – G.M. / Illustration Jean-Marc Loos

Une auxiliaire familiale est accusée d’avoir profité de la vulnérabilité d’un couple octogénaire de Quaregnon pour siphonner leurs comptes bancaires. Le préjudice dépasserait 46.000 euros. L’affaire a été examinée devant la justice, où la prévenue risque désormais une peine de prison.

Fin 2022, Toni et Lina, tous deux âgés de plus de 80 ans et confrontés à une perte d’autonomie, sollicitent l’aide d’une travailleuse à domicile pour les assister dans leur quotidien. Alice (prénom modifié) est engagée pour assurer le ménage et faire les courses. Afin de lui faciliter ces tâches, Lina lui remet sa carte bancaire ainsi que le code PIN.

Peu après, le mari d’Alice se présente au domicile du couple en prétendant pouvoir les aider à remplir leur déclaration fiscale, alors même que cette démarche n’était pas nécessaire compte tenu de leur situation de retraités.


Des mouvements bancaires suspects

En juin 2024, Toni remarque des opérations financières inhabituelles sur leur compte. Inquiet, il en parle à son frère cadet, Crispino, qui décide d’agir immédiatement : opposition sur la carte bancaire, dépôt de plainte et blocage des comptes. « Nous avons aussi découvert qu’Alice avait installé l’application bancaire de mon frère sur son propre téléphone », explique-t-il.

L’enquête menée par la police, sur instruction du parquet, révèle que 46.380 euros auraient été détournés entre juin 2023 et juin 2024. Selon les investigations, cet argent aurait servi à financer des voyages à l’étranger, des frais liés aux enfants de la prévenue et de nombreux achats personnels.


Des transferts réguliers et trompeurs

Les relevés bancaires font apparaître des virements fréquents vers le compte d’Alice, souvent accompagnés de la mention « Mutuel », laissant croire aux victimes qu’il s’agissait de paiements destinés à leur mutualité. « Après vérification, il s’est avéré que ces sommes n’allaient évidemment pas à la mutuelle », précise Crispino, qui s’est constitué partie civile, assisté de Me Philippe Cauchies.

À la barre, Alice explique qu’elle travaillait deux heures par jour, six jours par semaine, et que le couple lui versait à l’avance les montants nécessaires pour les courses. Ce qui représentait, selon elle, environ 1.000 euros par semaine. Une affirmation qui n’a pas manqué de faire réagir la présidente d’audience.


De fausses ventes de voitures

Parmi les sommes litigieuses, plus de 21.000 euros auraient servi à de prétendus achats de véhicules — une VW Tiguan et une VW Passat — que le couple n’avait en réalité jamais demandés ni utilisés. Ces voitures ont été revendues à des acquéreurs de bonne foi à Bruxelles. Confrontée à ces éléments, Alice a reconnu avoir menti.« Comment encore accorder du crédit à ses explications ? », a interrogé Me Cauchies, exigeant des preuves pour toute justification invoquant d’éventuels cadeaux consentis par les victimes.


« Je suis insolvable »

Au cours de l’enquête, Alice aurait déclaré ne pas se soucier d’un éventuel remboursement, se disant insolvable. Par ailleurs soupçonnée d’agissements similaires auprès d’autres bénéficiaires, elle a été licenciée — « d’un commun accord », selon son avocate, Me Thérèse Delor. Malgré cela, elle aurait continué à travailler chez le couple sans déclaration officielle.

Aujourd’hui, Alice perçoit le revenu d’intégration sociale et suit une formation. Le parquet a requis 18 mois de prison, tout en laissant la porte ouverte à un sursis.Le jugement est attendu à la mi-janvier.


 
 
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